La campagne 2026 s'est ouverte le 26 février à Lomé. Le prix plancher a baissé, la région a suivi, et la cause est à chercher hors d'Afrique de l'Ouest.
Ce qui a été décidé
Le Togo a ouvert sa campagne de commercialisation du cajou le 26 février 2026. Le Conseil interprofessionnel de la filière anacarde au Togo (CIFAT) a fixé le prix plancher bord champ à 350 francs CFA le kilogramme, contre 425 la campagne précédente — 75 francs de moins. Les professionnels attendent environ 45 000 tonnes de noix brutes sur le marché.
Les voisins sont proches. La Côte d'Ivoire a ouvert à 400 francs CFA le kilogramme, le Bénin et le Burkina Faso à 385. La même décision a été prise dans toute la région aux mêmes semaines : la pression n'était donc pas locale.
Pourquoi le prix a baissé
La cause est du côté de la demande, pas dans les vergers. Les cours internationaux se sont affaiblis tout au long de 2025, et les mesures tarifaires américaines ont déstabilisé un marché qui absorbe une large part des amandes transformées. La Côte d'Ivoire a réduit son propre prix bord champ de 6 % pour les mêmes raisons.
Un prix plancher est un plancher, pas un marché. Il protège le producteur d'un achat en dessous de son coût — le CIFAT a explicitement calé le sien sur les coûts de production à l'hectare. Il ne dit pas ce que vaut un conteneur à l'arrivée, et il ne l'a jamais dit.
Ce que ça change quand on achète
Un prix bord champ en baisse ne se traduit pas mécaniquement par un FOB moins cher. Entre le champ et le quai se placent la collecte, le séchage, l'ensachage, la fumigation, l'inspection et le fret — et aucun de ces postes n'a baissé de 75 francs cette année.
Ce qui déplace le coût rendu d'un lot bien plus que le prix d'ouverture, c'est son outturn. À 47 lbs contre 49, la même tonne de noix brutes donne moins d'amande, et la décote suit jusqu'à l'acheteur. Demandez le calibre et l'outturn avant de demander le prix : ce sont eux qui décident de ce que vous payez réellement.
Sur le calendrier
La campagne officielle court de la mi-mars à juin, après les semaines d'ouverture. Réserver tôt sécurise le volume dans une saison attendue à 45 000 tonnes pour le seul Togo ; attendre élargit le choix des lots mais expose à un prix qui a le plus souvent bougé entre-temps.
Ni l'un ni l'autre n'a raison dans l'absolu. Tout dépend de si votre contrainte est le tonnage ou la spécification — et c'est une discussion à avoir avant la campagne, pas pendant.


